LETTRE PATENTE DU DUC FRANÇOIS II DE BRETAGNE,
DATANT DU 8 AOUT 1461
L'original a été perdu, il ne reste qu'une copie
authentique (6 Mai 1656) aux archives départementales
de Loire-Atlantique.
«
François, par la grâce de Dieu, duc de Bretaigne, comte de Montfort, de
Richemont, d'Estampes et de Vertus, à noz Sénéchal, alloué, et procureur
de Guérrande, SALUT : de la part de notre bien-aimé cousin et féal le sieur
de Cuné et de Saint-Nazaire, nous a été en suppliant exposé qu'il y a
certainne manière de lac en la paroisse de Montouer assez prez des pastures
situées du coté devers la Brière en notre jurisdiction de Guerrande que par
la grande submersion et abondance d'eaux, par défault d'avoir esté curé et
tenu nest, ainsi qu'il avoit accoustume, les escours et esservouers anciens
quy y souloint estre quiavoient leurs cours, essest, et agout en la mer, puis
soixante ans derniers par défault de les nettoyer ont esté empeschez, et à
l'occasion de ce, les prairies des environ dont partie sont le domaine du
suppliant et autre partie de son fié proche et à autres plusieurs nobles de
notre pays, sont du tout en tout amisez et réduiz comme à inutilité et non
valeur.
Et aveq ce par l'abondance desdites eaux, le chemin et voye par lesquelles le
peuple de la paroisse de Montouer et des paroisses de Saint-Nazaire,
Saint-André, Escoublac, et autres paroisses voisines souloint et avoient
accoustumé aller à laditte Brière dont ils tiroient les mottes pour leur
chauffaige et les foîns pour leurs bestes, sont tellement empeschez,que les
gens du paîs ne y pouront aller à beufs ne charettes que paravant le souloin
faire. Sans le moyen desquelles mottes et foings croissant en ladite Brière
le peuple commun des d. paroisses ne se pouront bonnement passer, quelle chose
estoit et est au grand préjudice et dommaige du suppliant et des nobles
et sujets de nostre pays, de leurs hommes et de tout le peuple et commun des
d. paroisses et des environ, et lesquelles eaux se peuvent bien et
convenablement
vuider et esseuer cy les d. curées, antiennes estoient nettes et ouvertes,
quelles par ce moyen descendroint et auroint leur cheoist en la mer et seroint
les chemins par lesquels on va à la Bryere tous assechez que les d.
choses occupées viendroint à proffit et utilité, et que le peuple en tout
temps pourront aller tous à sec et bien aisé à ladite Brière au grand bien
et prouffit dud. supliant et autres nobles et sujets de nous-mêmes qui en
auroient les rachaptz, et de tout le bien publique de notre Païs, nous
suppliant sur ce pouvoir et donner nos provisions et convenable remède
humblement de nous requérant ;
Pour ce est-il que nous, les d. choses considerrees voulans le bien et utilité
de nos féaulx et subjets et du bien publique estre fixamant garder,
augmenter, nous mandons et commandons en commettant, se mestier est, ou à
deux de vous, vous transporter sur les lieux, et appelez en notre compaignie
des nobles et autres gens notables des d. paroisses qui peuvent avoir
interestz en cette matiere, vous informer, dit donné entendre dessurdit et
autrement, bien aplain des choses nécessaires à faire en la matière
dessurdite pour le bien de nos d. subjets, et aussi de la finance
qui sera requise pour y employer ; et ce que par ceux quy y aurez appellez cu
la maire et plusieurs parties d'eux trouverez estre convenable et profitable
à faire pour l'ustilité de nos subjets défaïtes et faïtes faire et
réaument exécuter, et la finance que trouverez estre nécessaire pour
l'accomplissement de ce que sera ainsy faicte lever réaumant et de fait sur
ceux quy y pouront avoir profict au plus utile et moins endommagens que estre
pourra par l'aviseman des
dessurd. ou la plus saine, partye d'iceux.
De ce faire duman, nous avons donné et donnons plain pouvoir, authorité,
commission de par nous, mandons et commandons à tous nos féaulx et sujets en
ce faisant vous obéir et diligemment entendre.
Donné en nostre ville de Nantes le huict jour d'Aoust l'an mil quatre cens
soixante un.
Et plus bas est escript par le duc en son Conseil,
Raboceau.
Scellés de cire rouge et lacs jaunes.
Collationné par nous Notaires royaux à Nantes soucynez et l'auctantique et
présent escryt sur vellen nous aparu.
Rendu ce six de Mai mil six cent cinquante six.
Signés sur la minute Jucas, Notaire Royal, et
Lesbaupin, aussi Notaire Royal.